Maristan AïchaMaristan Aïcha

Architecture · Marrakech · Boccara

Une maison Charles Boccara, réveillée.

Sur les hauteurs de Marrakech, l'ancienne demeure de l'architecte tunisien Charles Boccara — installé en ville depuis 1971, auteur de plusieurs des plus belles maisons de la palmeraie — est devenue le Maristan Aïcha : un riad qui ne se loue qu'à vous seul·s, pour un séjour qui n'est plus tout à fait du tourisme.

L'architecte

Charles Boccara, l'écriture marrakchie moderne.

Né à Tunis, formé à l'École des Beaux-Arts de Paris (diplômé en 1968), Charles Boccara s'installe à Marrakech au début des années 1970. La ville n'est pas encore la destination internationale qu'elle deviendra ; la palmeraie est un terrain presque vide.

Pendant plus de cinquante ans, il y dessine des maisons — pour des collectionneurs, pour des écrivains, pour des amoureux du Sud. Son écriture est immédiatement reconnaissable : volumes amples, patios à ciel ouvert, jeux de tadelakt et de zelliges, respect strict des proportions du riad traditionnel — mais traversés d'une lumière qu'on dirait contemporaine.

Le Maristan Aïcha appartient à cette série. Il a été conçu comme une demeure familiale, pas comme un hôtel. C'est ce qui fait, aujourd'hui encore, qu'il ne ressemble à rien d'autre.

Le bâtiment

Quatre signatures qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.

01

Trois patios à ciel ouvert.

Boccara joue la circulation autour de trois respirations distinctes : un patio central avec bassin, un patio de lecture plus intime, et un patio de fin de journée orienté pour le coucher du soleil. La lumière calibrée à l'heure près est sa signature constante.

02

Tadelakt et zelliges, partout.

Murs en tadelakt — cet enduit traditionnel marocain au lustre minéral — et sols ou bandeaux de zelliges noir et blanc. Aucun élément clinquant, aucune mosaïque pittoresque à destination touristique : juste les codes du riad traditionnel, à leur juste place.

03

Bibliothèque et bassins.

La maison comporte une vraie bibliothèque (huit cents ouvrages aujourd'hui, sur l'islam classique) et deux bassins de pierre — pour le bain, pour la fraîcheur d'été, pour le simple plaisir de la lumière sur l'eau. Hammam traditionnel attenant.

04

Jardin de plantes coraniques.

Singularité botanique : toutes les plantes du jardin sont citées dans le Coran. Olivier, figuier, grenadier, dattier, vigne, gingembre, basilic. Une botanique sacrée pensée pour évoquer le verset autant que la fraîcheur — geste conceptuel rare, signé par les actuels gestionnaires du lieu en hommage au cadre Boccara.

Une seconde vie

De maison familiale à Maristan.

Le bâtiment a été acquis par le Dr Ali Habibbi — psychologue clinicien, fondateur du Laboratoire Islam & Psychologie — qui a souhaité lui donner une vocation cohérente avec son écriture : devenir un maristan, c'est-à-dire, dans la tradition islamique médiévale, un lieu de soin de l'âme autant que du corps.

C'est pour cette raison que le riad porte le nom de son arrière-grand-mère, Aïcha. C'est pour cette raison aussi que chaque chambre porte le nom d'un savant musulman classique — Al-Muhasibi, Ibn Qayyim, Al-Balkhi, Al-Ghazali — qui a écrit sur la connaissance de soi.

Le Maristan se loue exclusivement en entier, à un seul groupe à la fois. Pour préserver cette intention de retrait, et pour respecter la maison.

Une maison Boccara, à vous

Privatiser le Maristan pour quelques nuits.

Trois nuits minimum, sept personnes maximum, en location entière. Le riad ne se partage pas.

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